A Panama par Marie !

Kêr Maï quitte au son du cor ; L’aventure commence !

Nous quittons Camaret-sur-mer avec le chant des équipiers d’Exultet qui partiront le lendemain. C’est vraiment le début. Un peu de clairon et de trompette pour dire au revoir à la France et nous nous préparons à vivre notre première nuit de pèlerinage en mer. L’équipage de Kêr Maï, sous la direction de Jean-Yves et de son second Tristan, est composé d’Elisabeth, Mathilde, Anne-Laurence, Rémi et François. L’équipage se connaît relativement bien car la majorité a préparé le projet depuis février ou a navigué cet été ensemble.

Partis le vendredi soir autour de 19h30, nous mettons en place les quarts de nuit juste après le dîner. Notre première nuit à bord est intense : la houle est forte et le vent frais. Nous prenons un ris pour diminuer la surface de notre grand voile. Presque tout l’équipage est malade. Sans doute la fatigue des derniers préparatifs a pesé sur l’organisme. Ce sera beaucoup mieux pour tous les jours suivants. Pendant toute la traversée, Elisabeth est aux petits soins pour nous ! Parfois seule à pouvoir descendre dans le carré, elle nous cuisine de superbes plats. Nous l’en remercions beaucoup ! Nous avons aussi conclu avec délice que la tisane, pendant les quarts de nuit, c’est top… sauf quand elle est à l’eau de mer !

La météo a été très favorable pendant tout le reste de la traversée avec un vent du nord-est. Au fil des jours, notre organisation en quarts de nuit a aussi pris forme. Nous nous sommes bien habitués bien et avons fait attention à nos cycles de sommeil pour rester en forme. Nos quarts étaient de 3h, sauf pour Jean-Yves et Tristan qui alternent sur des quart de 4h. C’était un peu plus difficile pour eux.

Notre traversée du Golfe a aussi été marquée par la visite d’animaux. Deux fois, des dauphins sont venus jouer avec l’étrave du voilier. Un rouge-queue a élu domicile sur Kêr Maï pendant une bonne heure. Était-il dessus depuis le début ? On a émietté du pain et on lui a parlé… Les quarts de nuit nous ont aussi laissé admiré la voûte céleste et la voie lactée : indestructible !

Malgré la houle, le vent et le froid, nous avons maintenu notre vie de prière au gré de la prière du temps présent, de l’adoration, des méditations personnelles et du chapelet.

Notre traversée du Golfe de Gascogne et nos premières manoeuvres de nuit se sont bien déroulées. Nous avons privilégié la sécurité, et avancé à un bon rythme : nous avons mis une journée de moins que prévu pour dégolfer ! Entrant dans un brouillard épais, nous avons finalement pris la décision de rejoindre le port de Camariñas plutôt que celui de Noia.

Nous avons donc traversé ce Golfe de Gascogne redouté. Nous remercions Marie, nos skippers pour leur patience, leurs explications et tous ceux qui nous ont accompagnés financièrement et spirituellement dans ce début d’aventure. Après une jolie promenade dans la ville et une bonne nuit de sommeil, nous avons retrouvé Exultet pour rejoindre la ville de l’Apôtre du Christ.

François

 

Exultet choisit de partir le samedi matin et de voguer plus au large

Le vendredi soir, nous avons salué le départ de Kêr Maï, en chantant les trois routes, le chant des pèlerins de Compostelle.  Pour notre part, nous avons choisi de passer la nuit au ponton, pour partir reposés. Le lendemain, dès l’aube, nous sommes parti sous la bruine. Direction Porto Sin, pour aller jusqu’à St Jacques de Compostelle.

Nous voulions passer le raz de Sein, mais le courant défavorable nous poussa à aller plus au large. Nous prions le chapelet. Après avoir passé le phare de Ar-Men nous ne verrons plus la terre pour quelques jours. Dernier contact par VHF (radio courte distance utilisée en navigation), l’aventure semble vraiment commencer.

Peu de temps après, nous voyons quelques dauphins, qui suivent le bateau quelque temps. Certains sont comme des enfants devant eux.

S’ensuit la messe, dite sous le vent et la houle.

Après le coucher du soleil, nous commençons les premiers quart de nuit, de deux heures, au moteur, car il n’y a plus de vent.

Au matin, nous voyons une baleine, signe que nous avons plus de mille mètres de fond. Nous célébrons de nouveau la messe sur l’eau, avec la flûte de Henri pour accompagner, et nous prenons ensuite un temps de confession pour ceux qui veulent.

Après le déjeuner, nous sortons un jeu de tarot, pendant que Pierre commence à prier le chapelet seul à l’avant.

La nuit commence sur un vent bien plus fort, et une belle houle. C’est l’occasion pour les équipiers de recevoir des livres mal placés sur les étagères dans leur lit, ou de tomber sur leur voisin dormant dans la même couchette. Un cadre mal fixé casse. Heureusement, la nuit est magnifique, seuls sous les étoiles.

Au matin, le génois (la voile d’avant) se décroche de son étais sur lequel il était fixé. Grâce à la réaction de Thierry, nous l’affalons et continuons avec la trinquette, une autre voile plus petite. Nous dévions donc vers La Corogne, un plus grand port qui pourra réparer la voile. Nous expérimentons les vagues qui nous envoient des paquets de mer.

Un dernier incident nous a inquiété, les drosses de barre (câble qui permet à la barre de fonctionner) ont sautées de leur poulies. Heureusement, Aymeric à le bon réflexe d’activer le pilote automatique, qui nous permet de replacer le câble sans s’inquiéter.

Finalement, nous arrivons à la Corogne, et nous lançons dans les activités d’escale (rédaction d’articles, lavage du bateau, des tenues de mer, réparation de la voile…), avant de rejoindre l’équipage de Kêr Maï à St Jacques de Compostelle.

Henri

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *