Du Maroc aux Canaries, voici les Alizés !

Escales et heures d’or

« Exultet, objectif : soleil ! »

Partis à 22 heures d’Essaouira, nous avons commencé par répartir les quarts suite aux changements d’équipages. En sortant du port, nous avons hissé la grand voile, puis envoyé le génois. Débouquant l’île de Mogador, notifiée par le souk de Marrakech pour ses argantiers, nous disions au revoir au Maroc. Cap au sud-ouest, destination les Canaries.

« Chantez avec moi le Seigneur, célébrez-le sans fin ! »

Nous avons débuté cette belle navigation en prière. Des dauphins, dans leur sillage fluorescent, ont accompagné nos complies. De minuit à deux heures, Exultet s’est ensuite recueilli du chapelet du jour avant de se réjouir de chants de louange. Avouons-le, c’était aussi tactique : après cinq jours d’escales, retrouver le rythme des quarts de veille est un peu difficile. Alors quand les étoiles rechignent à se laisser admirer, rien de tel que de louer le Seigneur pour se tenir éveillés. Et quand les voix du quart sont belles, nous en profitons pour apprendre de nouveaux chants. « Pour nous Il a fait des merveilles, et pour vous Il fera de même ! »

Un peu plus tard dans la nuit, le vent s’est brutalement arrêté. Un mur de rien, sans vent. Virant de bord, nous avons rentré le génois et mis la grand voile à plat, puis fini la nuit au moteur. Nous l’arrêterons un peu plus tard dans la journée, en rejoignant les alizés tant espérés ! Ce sont eux qui doivent nous mener, comme le tapis volant d’Aladdin, jusqu’au Panama.

C’est en naviguant…

Ces deux jours de navigation ont été occasions de progrès. Un rapala marocain s’est ajouté à notre ligne, et nous avons pris de beaux poissons. Au menu, une dorade coryphène et un baracuda de 2kg, s’il-vous-plaît ! Belle occasion d’apprendre à lever des filets de poisson pour nos cambusiers. Nous progressons en voile aussi, et Pierre a été confirmé dans son rôle de chef de quart. Nous partageons de plus en plus. La vie en mer n’est pas si simple, et les trucs et astuces de la vie quotidienne s’échangent. Les coupes de cheveux en prévisions aussi, même si le vinaigre blanc et l’huile d’argan font des merveilles face à l’hostilité de l’eau de mer. Petit point médical : le chou est utile pour se requinquer les genoux après le Toubkal. Ca marche vraiment ! Mais pour nos estomacs, qui ont un peu souffert des menus épicés et d’un petit rien qui a traîné, rien ne vaudra la médecine classique. Sans prêtre, nous continuons à partager un temps de liturgie de la parole avant le déjeuner. Mais, pour qu’il nous nourrisse plus, nous y avons ajouté un temps de méditation et de partage sur les textes du jour.

Nous réalisons aussi combien il est important de dormir, et de dormir au bon moment : nous ne voulons pas rater une miette des beaux moments en communauté, mais la nuit de chacun s’organise en fonction de ses heures de quart. Nous devons ainsi regretter que tous ne puissent pas toujours être sur le pont. Mais chaque jour nous reste en commun un temps fort : après la vaisselle, l’on n’entend plus que le bruit de l’eau qui se prend dans l’étrave, et du vent dans les voiles. Enfin, nous nous accordons tous pour la sieste, sacrée tant elle est indispensable. Tous ? Non : il faut toujours un barreur. Le soleil dans les haubans, Exultet fait cap sur les Canaries.

A Panama par Marie !

Kêr Maï quitte au son du cor ; L’aventure commence ! Nous quittons Camaret-sur-mer avec le chant des équipiers d’Exultet qui partiront le lendemain. C’est vraiment le début. Un peu de clairon et de trompette pour dire au revoir à la France et nous nous préparons à vivre notre première …

Premier entraînement de voile sur Exultet pour les équipiers

Comme prévu, quelques semaines après notre coéquipière Marie-Charlotte, nous sommes neuf autres de l’équipage Cap sur Panama à embarquer pour quatre jours de navigation à voile avec Thierry, lors du long week-end du 28 avril au 1er mai. Voici le récit de notre week-end, d’initiation pour les néophytes et d’entraînement …