De Dakar au Cap Vert, chapitre 3 : Ker Maï

Un vent (et un mal de mer) sans précédent

 

Du sang frais monte à bord de Ker Mai pour cette navigation entre Dakar et le Cap vert, l’équipage, skipper compris, est entièrement renouvelé. La veille du départ, nous accueillons Patrick à bord, grand-père de 13 enfants, 6 années de tour du monde au compteur : de quoi nous mettre en confiance.

 

 

Sur les 7 mousses à bord, nous sommes 4 à naviguer pour la première fois sur Ker Mai. Nous pensions nous passer de l’exercice de l’homme à la mer mais un pare-batte tombé à l’eau en a voulu autrement. On borde la grand-voile, on enroule le génois, on allume le moteur et on fait demi-tour. En 10 minutes le pare-batte a retrouvé sa place.

Au fur et à mesure que nous nous éloignons de la côte, le vent souffle de plus en plus fort et les vagues se creusent. On prend un premier ris avant de répartir les quarts de nuit :

21h – 00h + 6h-9h : Aldric et Clémence

00h- 3h + 9h-12h : Tristan et Blandine

3h-6h : Remi et Pierre

Pendant cette première nuit, le mal de mer s’installe chez les équipières. Elles passent la journée suivante sur le pont ou la tête par-dessus bord. Leur état de faiblesse est tel qu’on leur somme de créer « l’ordre des végétatives ». Clémence parvient toutefois à guider Aldric depuis le pont pour qu’il prépare de délicieux cookies, les joies d’avoir un four à bord ! Il parvient à redonner l’appétit aux grandes malades. De quoi leur redonner un peu de forces avant une nuit très agitée…

 

 

 

Au large de l’île de Santiago, nous sommes déventés, Clémence et Aldric sont contraints d’allumer le moteur à la fin de leur quart. Quand vient le tour de Tristan et Blandine à minuit, le vent revient et ils peuvent l’éteindre. Peu à peu, le vent forcit, 10 nœuds, 15 nœuds, 20 nœuds, tenir la barre et garder le bon cap demande de plus en plus d’efforts. Il est 3h et le second ris s’impose sous 30 nœuds de vent. Pierre et Rémi sont avertis au réveil : « dépêchez-vous, gros vent, vestes de quart, on prend un ris ». Les embruns ont laissé place aux vagues et la prise de ris est l’occasion de prendre une bonne douche. Tout est grâce. 40 nœuds établis, l’excitation est palpable, Remi et Pierre se relaient toutes les 20 minutes tellement la barre est exigeante tandis que les autres équipiers tentent de fermer l’œil mais en vain.

 

Étourdis et ravis de cette longue nuit, nous arrivons dans la matinée à Fogo.

 

 

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