Dakar, capitale du Sénégal, notre plus longue escale

Keur Moussa : havre de paix à 60km de Dakar

Elle est passée à la vitesse de l’éclair tant nous avons été occupés grâce aux contacts récoltés sur notre route. Nous avons jeté l’ancre au cercle de voile de Dakar, où, avec l’aide des annexes et d’une navette locale, nous avons pu savourer le bonheur de retrouver douche, WC ainsi qu’électricité et même Wi-Fi.

L’escale a commencé par une incursion dans le monastère bénédictin de Keur Moussa, à 60km de Dakar. Notre première épreuve a alors été de trouver des taxis capables de tous nous emmener avec un premier taxi parti à 14h30, nous sommes finalement tous parvenus à destination juste à temps pour les vêpres à 19h. Certains ont tout de même attendu plus d’une heure en plein soleil sur une aire d’autoroute. Entre les voix graves des moines et les accords de la kora, l’office des vêpres annonce la couleur des vingt-quatre prochaines heures. La kora, cet instrument sénégalais à mi-distance entre la guitare et la harpe est fabriquée par les moines et est exportée dans le monde entier. Entre les prières des heures, et les rencontres que nous avons pu faire : plusieurs moines et une française présente depuis plus de dix ans. Le tout assorti d’une visite des jardins du monastère.

Rencontre avec les jeunes catholiques de Dakar

Suite à cette retraite spirituelle, nous sommes rentrés pour partager une soirée avec les jeunes pro de Dakar. Au programme : repas et ciné plein-air. Le film Bakhita relatant la vie de Ste Joséphine de Bakhita fût un véritable témoignage d’espoir. Des problèmes techniques pendant le film ont permis à certains de profiter d’une superbe louange improvisée ! Belle tant par ses chants que par le dynamisme et la joie des participants (sans parler du fait que personne n’a émis de commentaires quand au problème technique).

Le temps de pause a aussi permis aux petites mains du GT escale de nous organiser un accueil en famille pour le lendemain. C’est donc un peu fatigué par l’heure tardive à laquelle nous nous sommes couchés, mais pleins d’entrain, que nous sommes partis pour la paroisse MIPA : Marie Immaculée des Parcelles Assainies (nom du quartier). Les jeunes présents pour nous accueillir nous ont rapidement répartis, seuls ou à deux, dans les familles qui avaient eu le temps de répondre favorablement dans un délai aussi court.

Le programme ? Immersion dans les familles, jusqu’au soir, où nous nous retrouvions tous pour un concert de gospel dans le plus grand théâtre de la ville, puis retour aux familles jusqu’au lendemain après-midi. Nos hôtes n’ayant pas eu le temps de se préparer, nos journées furent aussi remplies que les leurs si nous n’avions été là : football, baignade, coiffeur, shopping chez le tailleur, farniente du week-end, messe samedi ou dimanche… Le tout agrémenté de discussions, rencontres des familles, des amies, et danses locales. Et bien sûr, partage du repas traditionnel, dans un grand plat : chacun sa cuillère à soupe.

La soirée gospel fût vivante et dynamique, mais la fatigue accumulée a eu le dessus de la plupart d’entre nous, qui ont somnolé durant le concert. Quand nous nous sommes retrouvés le lendemain, des souvenirs plein la tête, nous avons rapidement pris des taxis pour rejoindre le pré-noviciat de Dakar.

Ma vocation : être un homme heureux

La citation du bienheureux père Mario Borzaga , martyr oblat annonce l’ambiance. Après une visite des lieux, un échange de questions réponses pour mieux se connaître, nous avons partagé un temps de danse, en alternant traditions locales, rock, madison et même une danse polonaise (prêtre oblat polonais).

Acrobaties à Gorée et AU Mouillage

Le lendemain, nous avions prévu de visiter l’île de Gorée. Ayant, grâce à nos relations, l’autorisation de mouiller au large de l’île avec nos voiliers, nous en avons profité pour proposer à nos hôtes d’un jour de venir avec nous, et quatre d’entre eux ont répondu présents : Joseph, Alex, Laurent et Patrice. Nous avons donc fait voile avec nos apprentis marins vers la petite île, où nous avons pique-niquer avant de faire le tour de l’ancienne île aux esclaves. Après une messe avec le padre local, nous fîmes un match de foot franco-sénégalais avant de rentrer au bateau.

Photo de groupe sur les canons de l’île

Le mardi fût une journée réparation/ nettoyage du bateau / intendance. Suite à la tempête de sable que nous avions subis en mer, le bateau avait changé de couleur, et un certain nombre d’instruments n’étaient plus fonctionnels : grand-voile impossible à hisser en totalité, et certain winch ayant des roulements à bille bloqués. Il a fallu monter en haut du mât pour nettoyer la glissière. La séance d’acrobaties s’est poursuivie par un nettoyage collectif du ponton. Nous avons aussi pu nettoyer tous les boutes (corde) du bateau et les bricoleurs se sont attaqués au démontage des winch afin de les débarrasser de tous les grains de sable bloquant les mécanismes.

En parallèle, une expédition au supermarché a été organisée : un taxi pour l’aller, cinq caddies dans le magasin, trois taxis avec grand coffres pour revenir, et de nombreux aller-retours sur le ponton. Par chance, les vendeurs sénégalais sont extrêmement serviables et nous ont aidés à ranger les courses dans des sacs et cartons, à pousser les caddies, et à négocier les taxis.

Cathédrale et évêque

Nous avons eu la chance de rencontrer l’évêque de Dakar le lendemain matin : Monseigneur N’daye. Celui-ci nous a dispensé plusieurs enseignements, notamment sur le texte des JMJ : « je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa volonté ». Etre la servante, ce n’est pas seulement obéir aveuglement, mais c’est être ouvert et prêt à accueillir le projet de Dieu dans nos vies, quel qu’il soit. Et quand nous lui avons demandé de bénir la statue de notre dame La Antigua, il nous a répondu : « je peux le faire, mais c’est une statue, ce que je préférerais, c’est que nous prions ensemble les uns et les autres », ce que nous avons fait.

Nous avons ensuite eu la chance de visiter la cathédrale avec pour guide le père Christophe Buirette, un français en poste à Dakar depuis longtemps. Grand connaisseur de l’œuvre du Bienheureux Père Daniel Brottier, à l’initiative de qui la cathédrale a été construite. Après une adoration et une messe à la paroisse du port, nous partageâmes un repas sur place, avant de partir en quartier libre, direction … le marché aux tissus. Après d’âpres négociations, nombreux conclurent que leurs compétences en négociation avaient une marge de progression considérable avant d’arriver au niveau sénégalais.

Ayant été invités à participer à une soirée de louange, nous y sommes allés … avec trois mille sénégalais. Dans un pays avec 5% de chrétiens, ce rassemblement vibrant et en extérieur était surréaliste : voilà des gens qui n’ont pas peur de vivre et d’assumer leur foi ! La louange a duré jusqu’au matin, mais notre capacité à résister à l’appel du sommeil étant limitée, nous sommes partis vers une heure.

Découverte de point Coeur : Ecoute et compassion

Nous avons tous pu nous lever de bonne heure le lendemain, afin d’arriver à l’heure à la messe de la Toussaint. Vêtus de nos tenues du dimanche, plus ou moins locales, nous avons pu vivre cette belle célébration à la sénégalaise : avec une chorale gospel pour nous entraîner. En sortant, certains ont pu traverser un marché local typique. On y rentre par une ruelle tortueuse, et on découvre des allées étroites, parsemées de vendeurs de produits alimentaires en tout genre : poissons frais, séchés, salés, ou en bouilli ; viande découpée à la hachette, à l’estimation de poids, directement sur la carcasse ; fruits et légumes, connus ou non … on est bien loin de nos supermarchés.

Nous étions ensuite attendus au point cœur de Dakar. Point cœur est une association dont les maîtres-mots sont écoute et compassion. Ainsi, point cœur ne fait rien. Rien, si ce n’est accueillir tous les enfants et les jeunes qui sont désœuvrés, et visiter les familles isolées, afin de dispenser à chacun de l’attention. Nous avons été accueilli là-bas pour manger, et nous avons pu échanger avec les bénévoles en mission. Nous avons ensuite prié un chapelet, où les dizaines étaient animés par les enfants. Djembé, coloriage, football, lectures ou visite des familles, l’après-midi est passée à la vitesse de l’éclair.

La flottille s’est séparée suite à ce dernier après-midi à Dakar ; quand deux des bateaux voguaient vers le sud, direction le fleuve Sine Saloum, Kêr Maï restait à Dakar pour y attendre un changement de skipper. L’occasion pour ces équipiers de choisir ce qu’il ferait dans les prochains jours : retraite à Keur Moussa pour certains, à Keur Guilaye pour d’autres (monastère féminin, à quelques kilomètres), ou pèlerinage à Popenguine : un sanctuaire marial où nous n’avions pas eu le temps d’aller. Par chance, des volontaires point cœur y allaient le lendemain et ont proposé aux volontaires de se joindre à eux.

Héloïse

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Un commentaire

  1. LANGLOIS COLETTE

    merci encore pour toutes les nouvelles que découvre aujourd’hui !
    je prie pour vous et avec vous
    que de découvertes vous faites et quel courage et bonne humeur, quel exemple
    pour qui vit seule dans une chambre… cela l’aère et m’en mène au loin
    bien unie à vous, et bon courage pour la suite, je pense à la grande traversée
    a bientot en Jésus et Marie,marraine co

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