De l’Atlantique au Pacifique, la traversée du canal

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48h pour joindre les deux océans

Il aura fallu 48h à Exultet pour laisser les Caraïbes derrière lui, voguer sur l’Océan Pacifique et mouiller en baie de de Panama City. Voici le récit de cette dernière navigation qui vint conclure en beauté la partie voile des JMJ à la voile.  Oui nous l’avons fait, nous avons rejoint le pape à Panama City en voilier !

Préparation au départ

Tandis que la flottille s’en est allée accueillir les jmjistes bayonnais à l’aéroport, Thierry et son équipage à effectif réduit (Manon, Blandine, Aldric et Rémi) se sont affairés à préparer le voilier pour la traversée. En priorité sur la to-do list : remplir les cales de gasoil car nous sommes arrivés à sec au port de Colon or le moteur est nécessaire tout au long de la traversée. Lorsque les employés de la marina nous annoncent que leur pompe à gasoil est également à sec nous leur répondons qu’une solution doit impérativement être trouvée !
Transvaser une réserve se trouvant dans un tonneau à l’aide de bidons, voilà la solution « système D » qui nous est proposée.

Remplissage des bidons… la débrouillardise de dernière minute ne nous fait pas peur

Le plein de carburant a demandé plus de temps et d’énergie que prévu mais Exultet est prêt : les pare-battes, les haussières  ainsi que les toilettes sèches qui ont été loués pour le passage des écluses sont à bord.
Il ne manque plus que le pilote qui nous accompagne pour la première partie de la traversée. Habitué à être aux commandes de porte-conteneurs, il est légèrement déboussolé. Pour la plus grande joie de l’équipage, il accepte que nous sortions le génois pour avancer plus vite jusqu’à la première écluse alors que cela est interdit en théorie.

Welcome onboard pilot!

Pour passer la première écluse nous sommes à couple d’un voilier hollandais. Nous montons jusqu’au lac de Gatún, 27m au dessus du niveau de la mer en 3 étapes.

L’ascenseur à bateaux est enclenché… on s’élève !

Après la première écluse passée, nous traversons le lac de Gatun de nuit et mangeons quelques crêpes avant d’arriver au lieu de mouillage où nous allons larguer le pilote et passer la nuit. Le lendemain matin, en attendant qu’un autre pilote monte à bord pour la seconde partie de la traversée nous observons le défilé de gros cargos et paquebots qui passent à quelques dizaines de mètres. C’est impressionnant !

Porte-conteneurs Neopanamax

Dernière journée sur Exultet

La deuxième journée se déroule sans encombres. Cette fois-ci nous sommes à couple d’un bateau de tourisme américain dans l’écluse. Des frère du Bronx en direction des JMJ sont à bord. Nous échangeons quelques mots avec eux tandis que les bateaux descendent lentement. Les portes de la dernière écluse s’ouvrent et nous voici pour de bon sur l’Océan Pacifique !

Nous profitons de nos derniers instants de navigation en arrivant en baie de Panama de nuit. Le brouhaha et l’effervescence des JMJ vont bientôt laisser place à l’atmosphère paisible qui règne à bord d’Exultet lors du dernier nautique avant de mouiller. A nous les JMJ !

Arrivée à Panama city de nuit : les étoiles artificielles ont un certain charme

La traversée d’estran et kêr maï

Après Exultet, c’est au tour d’Estran et de Kêr Maï de traverser le canal. Nous quittons la paroisse de Las Tablas à la fin de la semaine en diocèse, en bus avec le diocèse de Bayonne. Au milieu du trajet vers Panamá City, Jean-Yves nous récupère dans la camionnette louée pour les JMJ. Nous partons alors vers Colon, pour retrouver la marina que nous avions quitté au début des JMJ. Il nous faut finir les préparatifs. Nous remplaçons les batteries de Kêr Maï, refaisons quelques travaux et profitons d’avoir l’eau courante et l’électricité du quai pour la dernière fois avant une longue période.

Les écluses de Gatun

Le lendemain, nous partons à l’heure du déjeuner pour attendre notre « canal advisor », la personne qui nous aidera à franchir le canal. Nous mouillons dans la baie du canal jusqu’à son arrivée à l’heure du goûter. Nous avançons alors jusqu’aux premières écluses. Il faut alors réaliser une manœuvre compliquée : mettre Estran à couple d’une autre bateau Luxembourgeois et de Kêr MaÏ. Nous rentrons dans la première écluse, à trois derrière un cargo. Il nous faut alors passer les amarres aux personnes au bord de l’écluse.

La mise à couple d’Estran et Kêr MaÏ

Ils nous jettent une amarre en ficelle, que nous relions à nos grosses amarres. Lorsque nous sommes à la bonne position, ils placent l’amarre sur une bite d’amarrage, et c’est à nous de régler la longueur de l’amarre depuis le bateau. Il faut que nous restions éloignés des murs de l’écluse et face à la porte. Nous réussissons la manœuvre avec brio pour la première écluse. Cependant, à la seconde, un incident survient. Le boute, que les employés du canal tirent jusqu’à l’écluse suivante se coince. L’amarre arrière est alors laissée à l’eau. Heureusement, le canal advisor nous donne rapidement les instructions pour régler ce problème : nous attachons l’amarre arrière à l’amarre avant, et l’employé du canal peut de nouveau nous positionner face à l’écluse.

Les employés du canal qui nous aident à passer l’écluse

Pendant que nous montions jusqu’au lac de Gatún, le soleil s’est couché. Nous nous amarrons pour la nuit sur un corps mort. C’est une grosse bouée sur laquelle nous pouvons tenir à plusieurs. Estran s’y amarre avec le bateau luxembourgeois, et Kêr Maï se met à couple d’Estran. Nous profitons de ce dernier moment ensemble pour dire le chapelet après le dîner.

L’arrivée au pacifique


Le lendemain, nous repartons dès 8h pour la suite de la traversée. Kêr Maï doit attendre son canal advisor, qui est en retard, donc Estran repart seul vers l’écluse suivante. Nous naviguons d’abord le long d’un canal, et nous apercevons un crocodile au passage. Puis, après une heure de navigation, Estran se place à couple d’un ferry, devant un Panamax, ces cargos géants, qui tiennent tout juste dans l’écluse. Cependant, une fois l’écluse franchie, la barrière ne s’ouvre pas complètement. Le Panamax reste coincé, et il nous faut l’attendre avant de franchir les deux dernières écluses jusqu’au Pacifique.

Kêr Maï vogue sur l’océan Pacifique

Cela permet à Kêr Maï et au bateau Luxembourgeois de nous rattraper. Nous nous mettons à couple, et nous franchissons les deux dernières écluses devant le même Panamax. Nous voici enfin dans l’Océan Pacifique ! Les deux bateaux passent sous le pont des Amériques, ce pont qui relie l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, et nous mouillons finalement dans une marina de Panamá City, prêts à reprendre les JMJ.

Blandine et Henri

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