De l’Avent à Noël

Le temps de l’Avent dans les Antilles est pour nous tout à fait extraordinaire et nous nous réjouissons de fêter Noël Guadeloupe. Pour beaucoup c’est une première de passer Noël dans un tel climat. La neige a été remplacée par le sable, les sapins remplacés par des palmiers, les guirlandes par des fleurs dignes de notre printemps, les clémentines par des bananes et le vin chaud par le rhum.

La Guadeloupe en décembre

Après avoir vu le début de la Guadeloupe aux Saintes, nous avons regagné l’Île principale. Nous arrivâmes à la préfecture : Pointe-à-Pitre. Monseigneur Riocreux, évêque de Guadeloupe, que nous avions rencontré aux Saintes, nous a prêté le centre diocésain pour 4 jours. Nous avons quitté nos lits berceurs (nos chers bateaux) pour rejoindre les bons vieux matelas à ressorts. Au moment de quitter nos bateaux, nous n’avons pas pu nous retenir d’aller sur le ponton de la route du Rhum. A l’image du trimaran Macif de François Gabart, de beaux bateaux étaient là.

Rencontre avec Mgr Riocreux à Pointe-à-Pitre

A Pointe-à-Pitre, dans le centre diocésain, se trouve aussi une église maronite. Dès le premier jour, certains d’entre nous ont pu suivre l’une de ces messes en syriaque. Ils appartiennent à l’Eglise catholique et sont donc sous l’influence du Pape et de Monseigneur Riocreux. Mais quel plaisir de redécouvrir une autre manière de célébrer. Grâce à cette célébration différente, nous avons redécouvert à quoi nous sommes attachés dans nos célébrations de chaque dimanche. Par ailleurs, la Paroisse nous a réservé un accueil très chaleureux. Ils nous donnèrent à chacun un chapelet.

Avec la communauté maronite de Pointe-à-Pitre

L’accueil de Monseigneur Riocreux nous a aussi permis de visiter l’Evêché de Guadeloupe. Une grande bâtisse avec son histoire et ses secrets. La cathédrale qui juxtaposait l’Evêché, était la dernière de France à ne pas avoir d’orgue. Cette triste exception a évolué juste avant notre passage. Nous avons manqué de peu la messe de bénédiction de ce nouvel et bel orgue assez moderne qui s’intègre bien dans la tribune de la cathédrale.

Ces tableaux racontent l’histoire de la Guadeloupe

A la suite de cette visite historique de l’Evêché, nous avons fêté Noël avec une superbe ambiance. On peut bien être de l’autre côté de la planète, la messe de Noël, elle, reste magique. Ensuite, les séminaristes de l’Ile nous ont préparés un festin au presbytère. Quelle ambiance !

 

La messe de Noël

Puis nous repartîmes sur nos bateaux. Mais avant de quitter définitivement la Guadeloupe, nous avons mouillé  à côté de l’Ile aux Pigeons. L’accueil est plus touristique ici. Mais tous les masques, tubas et palmes furent sorties pour aller à l’assaut de ces coraux aux couleurs vives. Les amateurs d’apnée et les plongeurs en bouteille explorèrent les fonds de plus près et les autres restèrent à la surface. Mais tout le monde admira ces couleurs folles que le créateur nous a donné de voir.

Ensuite, nous arrivâmes à Hispaniola ! L’île est partagée entre Haïti et la République dominicaine, nous commençâmes donc par Boca Chica (donc du côté espagnol : République dominicaine).
Il nous apparaît assez important, à ce moment-là de l’histoire, de vous parler de la mécanique sur un bateau. Il est vrai que nous parlons souvent de nombreuses visites que nous faisons, de paysages que nous voyons et de personnes que nous rencontrons mais chaque escale commence souvent par une « To Do List ». En effet, vous pouvez imaginer que sur les quelques mètres carrés que nous partageons sur le bateau qui sont de plus, assez exposés aux intempéries il y a rapidement de la casse. Ainsi, depuis le ravitaillement en nourriture, jusqu’à la réparation de la latte de grand voile, tout le monde à quelque chose à faire !

L’escale à Boca Chica ne fait pas exception à cette règle, Exultet a fait face à un problème d’eau. Le groupe électrogène ne fonctionnant plus, le désalinisateur ne peut pas fonctionner non plus, les réserves d’eau se vident donc rapidement. Ker Maï, quant à lui, connait un problème de batterie. Du fait de l’usure, les batteries du bateau descendent assez rapidement, il faut donc allumer assez régulièrement le moteur pendant la navigation. Et concernant Estran, ils ont cassé l’enrouleur de génois lors du passage d’un grain pendant la navigation. En bref, tout le monde avait de quoi faire pendant ce 31 décembre qui était la première journée d’escale.

Le ponton, où nous avons pu célébrer la messe chaque jour

Comme vous pouvez l’imaginer, nous avons fêté aussi la fin de l’année. Nous avons privatisé un petit restaurant dans la rue principale du village. Nous avons eu un repas très copieux avec des plats locaux. L’ambiance était à son comble au moment du dessert avec le moment des cadeaux. Et qui dit Noël original dit célébration originale. Nous avons fait le « White elephant gift ». Nous sommes tous venus avec un cadeau sans savoir à qui il allait être offert. Pour recevoir son cadeau il fallait tout d’abord attendre que son tour vienne (défini préalablement de manière aléatoire). A notre tour, nous pouvions prendre un cadeau sur le tas, ou bien, et c’est là toute la subtilité du jeu, prendre l’un des cadeaux qui a déjà été pris et déballé. Nous pouvons manger, boire ou lire notre cadeau uniquement lorsque tout le monde a reçu son dû. Les rires étaient au rendez-vous des cadeaux les plus loufoques et les plus demandés.

A l’issue de ce repas, nous avons renoué avec le rock et la valse près du port.
Le lendemain, la journée était consacrée à la visite de Saint Domingue. Il s’agit de la capitale de la République Dominicaine. Elle compte, parmi ses monuments, la première cathédrale d’Amérique. Là encore nous avons pu être accueillis par le vicaire général du diocèse et célébrer la messe dans l’évêché. La visite a eu ses moments amusants grâce au guide qui a réinventé l’histoire…

L’ancien hôpital à côté de la première église d’Amérique Latine

Ensuite, après avoir fait la rotation des équipages, nous partons pour l’autre pays de l’Ile d’Hispaniola : Haïti.

Luc et Clémence

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