De Lisbonne à Séville, avec un nouvel aumônier

Lisbonne, Ah Lisbonne ! Que dire au sujet de ce petit rock le long du Tage près d’un petit marché d’où sortait une musique entraînante ? Que dire au sujet de cette visite de la vieille ville avec, en point d’orgue, cette tour dans laquelle nous avons chantés tous en chœur ? Et que dire au sujet de notre «mouillage» juste en face de l’avenue principale ?

L’adaptation

De nouveaux équipages ont été créés afin de permettre à chacun de connaître Exultet et Kêr Maï. Anne-Laurence, Rémi et François passent sur le «blanc». Manon et Tony passe sur le «jaune», rejoins par Héloïse arrivée pendant l’escale de Lisbonne.

Dès le début il a été question d’avoir une rotation régulière. L’objectif étant de naviguer sur chaque voilier au moins une fois. En effet, l’esprit de groupe est possible seulement si les deux voiliers sont liés. Cela passe par des équipages en constante évolution. Il est tellement facile au bout de trois semaines de voile sur le même bateau de sentir une certaine appartenance à un celui-ci plus qu’à l’autre. Bien sûr, nous pouvons ressentir une affection plus particulière à un voilier, mais nous essayons d’éviter la formation de petits groupes à force de ne pas cohabiter avec d’autres équipiers. Et pour l’instant, cela fonctionne bien en ajustant progressivement les équipages selon les compétences, les qualités et la connaissance personnelle des voiliers.

L’abandon

Une des qualités demandée est l’abandon. En effet, même si un équipier préfère un voilier plus que l’autre, il lui sera demandé, parfois, de renoncer à un certain confort pour former un équipage. Bien évidemment, l’écoute doit être présente entre les skippers et les équipiers afin que les désirs de chacun soient respectés au maximum. C’est un apprentissage quotidien : comprendre les qualités de chacun pour qu’elles soient mise à disposition au bon endroit et au bon moment. Il faut savoir écouter ou parler quand il le faut, respecter au mieux son prochain, parler au skipper sur ses objectifs de progression en voile, au niveau spirituel et personnel. Nous pouvons déjà remercier le Seigneur pour toutes les grâces reçues !

Le trajet

Parlons maintenant de ce trajet entre Lisbonne et Séville. Le père Mario fraîchement arrivés nous a permis de continuer à avoir la messe quotidienne. En effet, avoir le père Philippe Néri a été une grâce magnifique et la transition aurait été encore plus difficile sans notre nouveau prêtre portugais. En effet, cela s’est fait de manière providentielle. Après la messe dominicale dans la paroisse «Saint Louis des Français», le père Mario s’est proposé de nous accompagner jusqu’à Séville. Quelle joie ! Nous avons vu la main du Seigneur sur notre groupe.

Une messe à bord avec le père Mario

Pendant que les «anciens» ont pu progresser dans la rédaction du livre de bord à rédiger toutes les heures et l’établissement de la route, les «nouveaux» ont découvert Exultet. Pierre, par exemple, nous a montré où étaient rangé les ustensiles de cuisines et les stocks de nourriture (ne pas oublier que c’est un point central dans un bateau)

Un dîner à bord d’Exultet

Chaque voilier à ses particularités. Il faut découvrir où se cache chaque ingrédient pour permettre de créer un bon petit plat. Connaître le voilier, c’est aussi créé son espace, apprivoiser ce nouvel environnement tout en acceptant que nous ne savons pas tout. C’est aussi cela entrer en pèlerinage : découvrir nos faiblesses et avoir l’humilité de demander et se tromper. L’avantage, c’est que l’on sait que la bienveillance de l’équipage permettra d’apprivoiser ce nouveau rythme de vie et trouver ses propres réglages. Ainsi, s’intégrer est plutôt rapide et c’est beau !

Sortir le génois, faire la cuisine, la vaisselle, prendre son quart de nuit, connaître les équipiers, prier, méditer, lire, discuter, dormir  rythment notre vie en mer. Ce sont autant de moyens pour connaître ce magnifique voilier : Exultet !

Nous pourrions parler de l’escale à Faro (rencontre avec l’évêque du diocèse,messe et visite de la cathédrale) et cela pourrait vous intéresser. Nous pourrions vous raconter en détails la remontée du Guadalquivir de nuit, à suivre les feux rouges et verts, ainsi que les feux d’alignement. Mais aujourd’hui, nous voulons appuyer sur notre vie en mer. Les escales sont autant de moyens de grandir mais la mer est encore plus une incroyable école de vie.

L’ambiance

Ah, embarquer dans cette aventure sans connaître personne…Parlons d’Aldric et Aymeric toujours prêt à lancer une blague ou nous aider dans la compréhension d’Exultet. Ou encore, de Marie-Charlotte nous permettant de voir dans la nature l’oeuvre de Dieu. La bienveillance de Blandine, Henri et Pierre dans leur accueil et leur service a été admirable. La joie d’Alix et les interventions de Charles-Antoine nous permettent de nous sentir encore mieux. Et puis, n’oublions pas notre skipper, Thierry. Il sait tout sur ce bateau, il est là pour conseiller et nous emmener à bon port. Merci à lui pour ses topos sur la prière, les escales, le discernement vocationnel ou encore le mariage. Enfin, c’est aussi lui qui va faire la «tambouille» quand le voilier gîte beaucoup…

Merci à chacun de faire partie de ce groupe, de cette famille. Chacun d’entre vous faites de ce pèlerinage un chemin de foi vers les JMJ de Panama,vers notre vie d’homme et de femme de demain

François

Kêr Maï : Un cap de plus !

Les pleins faits, nous remettons le cap au Sud, direction Séville ! Le nouvel équipage de Kêr Maï prend ses marques. Le départ est ensoleillé et calme avec le moteur. Une poche de vent se forme au large. Le vent forcit à 25 nœuds dans la soirée avec des rafales jusque 30 nœuds. Il nous faut vite avancer avec un ris à la grand voile et une partie du génois enroulé. Les oiseaux sont désormais différents et ne nous sont plus familiers.

Le nouvel équipage

Après le Finistère en France, le cap Finisterre espagnol, le cap Sao Vicente du Sud du Portugal est dépassé. Le deuxième jour de cette navigation est ensoleillé, peu venteux et chaud. Nous apercevons un groupe de grands dauphins qui reste à distance du bateau. Puis, nous revoyons deux marsouins qui eux jouent avec l’étrave. Ensuite, nous dépassons les villes de Portimao, de Faro sans nous y arrêter. Nous reprenons l’heure espagnole (identique à l’heure française) et entrons dans la baie de Cadix. Le temps d’une pause sur ancre, nous « piquons une tête » dans une eau à près de 25°C pour se rafraîchir et se sentir plus propre.

le Guadalquivir est un long fleuve tranquille

Avec la marée montante, nous quittons au petit matin le mouillage près de Chipionia et entrons sur le fleuve Guadalquivir, du nom arabe signifiant « grande vallée ». Le vent est très faible. En plus de la grand voile, le moteur est allumé et nous avons 2 noeuds de courant favorable. Le soleil levant éclaire les berges vaseuses et jonchées de hautes herbes. Les tas de sel importé sont un des seuls reliefs du paysage aride et peu habité. Par moment, des ruines apparaissent sur les rives entre un système d’irrigation et un bosquet d’eucalyptus. Les marques latérales rouge et verte sont nos repères. Celles sur la berge portent de gros nids de cigognes, absentes à cette période. A ces heures chaudes du jour, le fleuve est foisonnant de petits poissons blanchâtres. Ils sautent haut au passage du bateau et se cognent même sur la coque ! Nous passons le village de « Puebla de Rio » et arrivons vite à Gelvès en banlieue de Séville. Après un repérage sur le fleuve, nous avons choisi de nous arrêter au « Puerto Deportivo » de Gelvès, une petite marina de quelques dizaines de bateaux, pour notre escale andalouse. 

Kêr Maï au port de Gelves

Tristan

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