De Porto à Lisbonne : émotions en tout genre

A porto : GOÛTONS voir si le vin est bon

Après avoir dévalisé le Lidl, renfloué les cales de mets raffinés et, accessoirement, réparé l’étais de génois d’Exultet, nous avons pu passer aux choses sérieuses : la visite d’une maison de porto renommée, Cálem.

A défaut de naviguer sur le Douro, nous avons pu nous délecter de son fameux nectar : le porto. C’est en entonnant : « Goûtons voir si le vin est bon » que s’est achevée notre visite de la cave… Comme l’a dit notre guide : “l’homme doit savoir profiter de ce que la nature lui offre.”
Le départ de Kêr Maï

Après un départ tranquille vers 15h45, et à la suite d’un déjeuner pris avec les deux équipages sur le ponton de la marina, Kêr Maï est le premier à lever l’ancre. Exultet finit les réparations entreprises depuis la veille (enrouleur du génois, moteur, etc), et pare à une fuite de l’huile moteur.

Les conditions de navigation sont plutôt bonnes, un peu de vent, un grand soleil et une bonne visibilité, le génois et la GV (grand voile) sont de sortie.

Peu après le départ Jean-Yves arrive tout content de nous présenter sa nouvelle feuille de quart. Désormais c’est une navigation, une feuille de quart. Son but est de trouver la meilleure organisation pour un équipage de 7, de manière à ce que chacun puisse changer d’équipier au cours des différents quarts tout en maintenant un rythme de sommeil le plus régulier possible.

Dans la nuit une manille du palan de GV a lâché mais aucun problème Rémi et Anne-Laurence ont su la remplacer immédiatement. Plus tard, en cherchant la constellation du Lézard, Anne-Laurence a vu une météorite et les dauphins ont eux aussi assuré un beau spectacle : arrivant à cinq de chaque côté du bateau, ils sont venus jouer avec l’étrave.

A l’approche de Nazaré au lever du jour, un brouillard de plus en plus dense s’est installé, si bien qu’à l’arrivée la visibilité était d’à peine 100m. Pas si simple pour jeter l’ancre !

Après une journée de visite et le désormais traditionnel pique nique avant de se quitter jusqu’à la prochaine escale, Kêr Maï repart en tête avec une pointe d’envie en voyant les équipières d’Exultet prendre leur douche sur le pont. L’odeur du gel douche n’y était pas pour rien!

Nouvelle navigation, nouvelle feuille de quart : cette fois c’est la dernière, il est prévu que les équipages tournent à Lisbonne. Le temps est beau, le ciel est bleu et pour marquer cette dernière nuit de navigation tous ensemble sur Kêr MaÏ, nous avons passé les premières heures de la nuit ensemble sur le pont avec un peu de musique et la fin d’un apéritif jusqu’à ce qu’un à un nous allions nous coucher pour être capable de tenir nos différents quart nocturne. Un beau moment d’équipage !

À l’aube, réveil général pour la manœuvre d’arrivée au mouillage de Cascaïs, juste au nord de Lisbonne. Après trois manœuvres de mouillage (des gardes-côtes mal coordonnés nous trouvaient trop proche de la plage) Kêr Maï a posé pour un shooting photo : intrigués par l’image de Marie sur la grand voile, de nombreux plagistes ont sorti leur appareil photo.

Mathilde

 

C’est pas EXULTET qui prend la mer, c’est la mer qui prend Exultet
Après la visite des caves de Calem et le déjeuner, direction Lisbonne pour Exultet en faisant une micro escale à Nazaré.
Sur Exultet, débordement de joie. Au fur et à mesure que le tumulte de la ville s’éloigne, l’atmosphère joviale et paisible de la vie à bord nous recouvre. Les équipiers sont ravis de reprendre le large sous un grand soleil… mais pas autant que le pacha (skipper dans l’argot des marins) qui chante à tue tête à la barre.
Leçon de la nuit : en quart, la veille prime
Première leçon pour le quart de choc de 00h à 2h sur Exultet : s’il est bon d’avoir de belles discussions, la veille prime et certains réflexes sont primordiaux. Thierry n’a pas fini de nous le répéter : « Si je me pose la question de savoir si je dois réveiller le skipper, c’est que je devrais déjà l’avoir réveillé ». Parfois rien de tel qu’une petite frayeur pour intégrer la leçon : la collision avec un chalutier portugais n’est pas passée loin.  Il a fallu gérer deux virements de bords pour l’esquiver.
Nazaré, je vous ferai pêcheur d’HOMMES
Arrivés à Nazaré, nous découvrons un petit village de pêcheur où barques et poissons séchés se côtoient sur la plage. Tandis que certains s’amusent dans les rouleaux sur la plage, d’autres arpentent les ruelles étroites du village où le poisson vous est servi grillé, frais ou séché par des femmes portugaises en habit traditionnel. De manière imprévue mais bienvenue nous avons eu la joie de célébrer la messe dans le sanctuaire marial perché en haut d’une falaise. La légende raconte qu’un cavalier aurait été sauvé lors d’un épais brouillard de tomber la falaise en entendant la voix de la Vierge Marie.

Exultet et Kêr Maï au mouillage à l’entrée du port de Nazaré

Règle de Cras, sextant, compas, la base
Au programme de la navigation à Bord d’Exutet pour rallier Cascais : cours de cartographie. Carte grande ouverte sur la table, compas,  règle de Cras posés dessus, les équipiers sont tout ouïe. On revoit les classiques : latitude, longitude et on approfondi : chaque degré est découpé en 60 minutes, on trace des bords à l’aide de la règle de Cras, on apprend à marquer notre position sur la carte. Pour les plus friands de calcul, on s’amuse à calculer la fréquence à laquelle nous changerons d’heure pendant la transatlantique, soit (Φ*cos(Φ)*15*60)/5 en supposant que nous irons à une vitesse moyenne de 5 noeuds. Nous aurons à changer d’heure tous les 5 jours environ d’après nos estimations. Les équipiers remontent sur le pont ravis de cet instant académique et en redemandent.
À Cascais, joie de retrouver les « Nine on a boat »
Enfin nous retrouvons au mouillage à Cascais, Olivia et Vincent De Rosambo ainsi que leurs 7 enfants que nous avions salué lors de leur départ de Brest et que nous espérions recroiser. Thierry s’empresse de les inviter à bord pour l’apéritif. Exultet grouille de jolies têtes blondes, 26 personnes à bord c’est rare, le pavillon français King Size habituellement réservé pour le dimanche est sorti. Merci aux Rosambo pour leur témoignage, à bientôt avec joie !
Exercice de MANŒUVRE impromptu: l’échouage

Sur Exultet on ne lésine pas sur les exercices de manœuvre, même les plus improbables sont effectués de bon cœur. Ainsi nous n’avons pas hésité à aller nous poser délicatement, et volontairement cela va de soi (gloups), sur un banc de sable en remontant le Tage au large de Lisbonne. Tous les équipiers à bâbord en urgence pour aider le bateau à gîter. Le pacha à la barre nous sort promptement de cette situation certes  peu critique mais néanmoins peu flatteuse. On aura gagné en humilité et vigilance pour la suite.

 

Escale de Cascaïs

Remontée du Tage et mouillage en face de la place du commerce dans Lisbonne. Comme quoi avec un peu de culot tout peu passer!

Blandine et Aldric

3 Commentaires

  1. Madeleine Mac Nab

    Merci pour ces nouvelles détaillées pleines d’enthousiasme….c’et une joie de vous suivre durant ce pélerinage entre mer et ciel, sous la protection de la Vierge, «  Stell
    Stella maris « .
    Je suis la tante d’un de vos équipiers, Aymeric de Tréverret et je demeure au Canada. Je ne sais pas sur quel voilier se trouve Aymeric , mais je le rejoins souvent dans ma prière ainsi que chacun de vous.

  2. A-M BRIERE

    je lis attentivement vos commentaires et suis votre traversée avec beaucoup de joies!
    Continuez à vous remplir les yeux des merveilles de la nature, faites le plein de belles rencontres et sachez que le Seigneur est avec vous, et qu’il vous garde!

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