Entraînement de voile sur Exultet 2.0

Deuxième entraînement de voile sur Exultet

Au cas où vous ne seriez pas au courant

Un groupe de vingt jeunes qui ne se connaissent pas se lance, embarqué sur les voiliers de trois skippers, qui ne se connaissaient pas non plus avant que le projet « Cap vers le Panama » soit lancé. Ne percevez-vous pas le caractère ambitieux du projet ?
Et si nous vous disons qu’en plus, les équipiers sont pour la plupart néophytes – pour ne pas dire complètement inexpérimentés – en voile ? Voilà pourquoi il nous a paru bon de découvrir la vie dans ces habitations flottantes et d’apprendre par la même occasion les fondamentaux de la navigation. Thierry, pacha d’Exultet a donc accueilli à bord, le weekend du 9 au 11 juin, huit jeunes dont quatre équipières officielles du projet Cap vers le Panama. Deuxième entraînement à bord de ce 60 pieds, après celui du weekend du 1er mai.

Les fondamentaux

Pour certains, les docksides étaient clairement la chausse de base et leur veste de quart en avait connu de belles. Le reste de l’équipage a vite compris que ce serait l’uniforme à adopter… Dans les eaux de la Manche, les jeans s’avèrent très peu adaptés.
On n’apprend pas uniquement de ses erreurs. Aussi Thierry nous a-t-il fait des topos substantiels avant de larguer les amarres. Les cinq F contre lesquels le marin doit impérativement s’armer : faim, froid, fatigue, frousse, foif. La lecture de cartes et le calcul d’itinéraires en fonction des marées et des courants, etc. Tout s’apprend à bord, depuis le système des vannes d’eau dans le bateau pour les éviers et toilettes jusqu’à l’organisation de la voilure : génois, trinquette…

Pataras, bastaque, étai : ça vous parle ?

Parce qu’on n’est pas à l’abri d’une inondation pour cause de système sanitaire non maîtrisé : les toilettes by Thierry
Le quotidien des marins apporte son lot de surprises…

Naviguer n’est pas une mince affaire : une attention de tous les instants est de mise. Cela, nous l’avons compris quand en hissant la grand-voile nous avons déchiré un lazy bag – sorte de sac de toile qui sert à protéger la voile affalée… Erreur fatale ! C’est que tout prend une ampleur énorme sur un navire : le montant des réparations et le temps d’installation sont là pour nous le rappeler. Exultet a quand même bravé un temps brumeux plutôt hostile et mouillé tard le soir à l’abri de la digue d’Alderney, que la brume ne nous a pas même laissé entrevoir. Voilà encore une occasion pour Thierry de nous enseigner les manœuvres d’amarrage. Quand il faut faire passer une aussière dans l’œil d’un coffre deux mètres en-dessous du pont, même par un modeste roulis, on n’en ressort généralement pas indemne. Les ingénieurs à bord ont manqué une occasion de nous parler des forces de frottement !

Première navigation… un poil brumeuse
Une pause bien méritée sur l’île d’Alderney

La houle en a réveillé certains pendant la nuit, mais le manque de sommeil et un teint blafard n’ont jamais empêché de mettre tout son cœur à l’Angélus. De quoi chauffer les voix pour animer la messe, et tenter d’égaler les « Sisters » de la communauté franciscaine d’Alderney qui mettaient la barre très haute ! Après avoir refait le monde le temps d’un apéro, nous revoilà à bord, les bras chargés de confiseries données par les Sisters.

Après la messe, l’apéro au soleil
C’est reparti : on apprend et on passe du bon temps

Le soleil et le vent étaient au rendez-vous pour la seconde navigation. Tandis que certains apprenaient à sentir la barre alors que le vent gonflait les voiles, d’autres s’essayaient aux 5 nœuds élémentaires selon Tabarly : nœud plat, cabestan, nœud de chaise, nœud de taquet et le tour mort et deux demi-clés. Nous avons pu continuer nos débats, prières, jeux et instructions tout en engloutissant les gâteaux des Sisters. En mer, il faut toujours en effet avoir une longueur d’avance sur la faim. Ce n’est pas le premier F pour rien !
Après avoir abordé d’innombrables sujets concernant la préparation du voyage, établi la liste de tout ce qu’il (nous) restait à faire pour le départ, s’être projetés tantôt en train de prier et chanter tous ensemble, tantôt en train de faire du pain à la cocotte pendant la transatlantique ou encore en train de traverser le canal de Panama, nous avons confié notre projet à l’Étoile des Mers, la Vierge Marie, dans une dernière prière commune sur le quai de la gare de Cherbourg.

Après la brume, le beau temps
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