La Martinique : le temps du repos et des retrouvailles

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TERRE en vue : un petit pas pour l’homme et un grand pas vers les JMJ pour Kêr Maï

Après dix-huit jours en mer, et pas mal de casse sur la fin, il était temps qu’on arrive. Pour reprendre des forces, tant pour l’équipage que pour le voilier, quoi de mieux que d’arriver en Martinique. Ce bout de terre français surnommé l’île aux fleurs. C’est un havre de paix, de verdure et de fonds marins turquoises.

Les côtes de la Martinique, après dix-huit jours de mer

Invité au restaurant par notre skipper, nous nous hâtons d’accoster au port du Marin. Les premiers pas sur terre sont un peu comme les premiers pas sur la Lune ! Au menu, entrecôte de bœuf pour les uns, poisson pour les autres. Après ce repas délicieux, nous goûtons aux douches à l’eau douce, et profitons de quelques nouvelles de nos familles et amis. Une semaine nous aura été nécessaire pour remettre le voilier en état. En attendant la nouvelle bôme, nous, les cinq équipiers de Kêr Maï, prenons trois jours de road trip pour visiter la Martinique.

Road trip en Martinique

Direction la presque-île de la Caravelle où nous découvrons un parc national et le château Dubuc qui domine une forêt de mangroves. Nous nous installons en contrebas de la baie, au trésor, pour y passer la nuit, laquelle sera perturbée par une attaque de moustiques. Au petit matin, nous profitons d’une baignade et de beaux fonds marins avant de repartir. En chemin, nous goûtons aux goyaves sauvages et aux cocos.

Nous continuons notre périple en direction de Sainte Marie, pour visiter une bananeraie. Il y a une multitude d’espèces de bananes différentes : des roses, des argentées, des plantains, des naines… Le soir nous étions à Grand-Rivière, tout au nord de la Martinique, et nous avons été accueillis par le curé de ce village du bout du monde, le père Sylvanus. Nous dormons sur sa pelouse.

Le lendemain matin, nous assistons à sa messe et sommes invités à partager un petit déjeuner avec lui. Ensuite, nous descendons au prêcheur, en contrebas de la montagne Pelée. L’après-midi, nous avons suivi un sentier menant à une cascade entourée d’une forêt tropicale dense. Celle-ci vient se jeter jusqu’à la mer. Un brin de fraîcheur, ça fait du bien ! En retournant vers Fort-de-France, le soir, nous nous sommes arrêtés à Saint Martin pour admirer au bout d’un quai, le magnifique coucher de soleil, et surtout le fameux rayon vert ! Ça y est, enfin, on sait qu’il existe, ce n’est plus une légende.

Aldric

A la recherche d’une Escale, selon Exultet

A la fin de la transat’, Exultet songeait se reposer à la Désirade, cette île qui avait accueilli le second voyage de Christophe Colomb. Peine perdue, le tirant d’eau d’Exultet est trop grand, contrairement à ce que nous avait dit une employée municipale contactée avant la transatlantique. Nous voici repartis pour les îles de Petite Terre. A nouveau, Exultet doit faire demi-tour. Nous n’étions pas sûr du fond, mais le sondeur est formel : si nous nous arrêtons ici, c’est sans espoir de repartir. Déception dans l’équipage : la terre s’éloigne pour la seconde fois. Direction Marie-Galante, où nous trouvons un superbe mouillage. L’équipage fait son premier plouf, dans une eau turquoise, et rejoint la plage la plus proche. Les équipiers retombent en enfance et jouent avec le sable et les coquillages.

Le premier mouillage d’Exultet

Un bon repas, une bonne nuit de repos, une nouvelle baignade, un bon déjeuner, et en route pour le mouillage suivant à Saint-Louis. Nous y retrouvons des personnes que nous avions vues à Mindello avant de partir, ainsi que l’équipage d’Hello’ise, le trimaran croisé pendant la transat’.

Un bon repas, une bonne nuit de repos, et nous voilà partis pour la distillerie Labat. Ici, on fait le rhum à l’ancienne, à 59° (privilège de l’île, car l’eau est rare, donc il ne faut pas trop le diluer). Après une double dégustation, nous repartons pour la messe du 8 décembre, à Grand-Bourg. Nous naviguons trois heures, et après avoir mouillé dans le port, nous partons à l’église.

Grand-Bourg : grand messe et grand plage

La messe du 8 décembre est un événement. Tout le monde est habillé est bleu et blanc, en chemise et robe. Nous ne dénotons pas trop avec nos marinières heureusement. Avant la messe, une chorale d’enfant assure un concert de chants à la vierge. La cérémonie est pleine de chants, en français et en créole. La procession des offrandes en dansant est superbe. Comme souvent depuis Dakar, la messe commence par une litanie des intentions de messe : des décès, deux anniversaires de mariage, un anniversaire, et de nombreux remerciements pour des grâces reçues.

Un bon repas (à condition d’aimer les boîtes de cassoulet, seule intendance restante), une bonne nuit de repos, et c’est déjà l’heure de la messe dominicale. Le père nous demande de faire un témoignage après son homélie. Nous partons ensuite pour un pique-nique à côté d’un écomusée que nous ne pourrons visiter, car il ferme le dimanche. Après, direction la plage, pour quelques parties de tarot, une baignade parmi les oursins blancs et les poissons, mais pas de coraux… Ils ont disparus à cause de la pollution et du réchauffement.

Martinique, à quand les retrouvailles ?

Un bon repas, une bonne nuit de nav, et nous sommes au large de la Dominique. Nous ne nous y arrêtons pas, notre objectif est le Marin, le port où sont Kêr Maï et Estran nous attendent. A trois heures de l’arrivée, c’est le drame : la ferrure de la bastaque tribord saute. Rien de dangereux, mais il faut réduire la voilure pour éviter de casser le mât, et lancer le moteur. Nous nous déroutons alors sur Fort-de-France. Les retrouvailles tant attendues sont remises à plus tard.

Pour rejoindre la Martinique, nous naviguons au près

Un bon repas, une bonne nuit de repos, et nous déposons les voiles à la voilerie avant de partir pour la marina Z’Abricots. Nous nous mettons enfin au ponton. C’est la première douche de l’équipage et la première fois que le bateau est complètement stable. Un bon repas, une bonne nuit de repos, et c’est une autre journée de travaux et d’intendance. Pour réparer la ferrure, il faut tenir le mât à l’aide de quelques boutes, et retirer les haubans. C’est une opération délicate, que Thierry réussit avec l’aide d’Aymeric et Manon. Il faut aussi laver le bateau, et une équipe part pour l’intendance. Comme les taxis sont trop chers, l’équipage ne se déplace plus qu’en stop. Cela fonctionne plutôt bien.

Un bon repas, une bonne nuit de repos, et c’est enfin la journée de retrouvailles ! Direction l’anse d’Arlet (toujours en stop), où nous nous retrouvons avec l’équipage de Kêr Maï pour un déjeuner, et une baignade autour d’une belle patate de corail. Ici, des poissons de toutes les couleurs foisonnent, et en nageant un peu loin, on peut apercevoir des tortues. Un petit bémol subsiste cependant. Estran arrive très tardivement, et les équipiers d’Exultet repartent en ayant à peine eu le temps de se retrouver.

Rencontres au sommet

Un bon repas (le premier restaurant depuis le départ en transat’), une bonne nuit de repos. Le matin, nous travaillons, et l’après-midi, nous allons au CROSS Antilles-Guyane. C’est d’ici que l’on surveille et organise les secours en mer pour une partie des Antilles, et l’océan Atlantique. L’officier de quart, que Thierry connait, nous présente le fonctionnement de ce poste. Une fois fini, nous partons à la rencontre des JMJistes de Martinique, à l’archevêché de Fort-de-France. Nous passons une belle soirée, en chantant avec eux, en discutant et en partageant un bon repas que nous ont préparés les séminaristes qui résident ici.

Samedi soir, Mgr Macaire et Mgr Gobillard nous ont accordés une heure de conférence pour parler du projet, et recevoir leur témoignage. C’était l’investiture du curé du Marin, cérémonie en grande pompe, et messe anticipée du dimanche. Mgr Macaire nous a livré un beau témoignage sur la vie d’un prêtre au service de sa paroisse. Dimanche, l’équipage d’Exultet part pour une excursion à la montagne Pelée, que quelques-uns montent, pendant que les deux autres équipages se reposent.

Pour la flottille, il est désormais temps de reprendre la mer jusqu’à Fort-de-France, d’assister à une messe d’envoi de Mgr Gobillard et de partir pour la Guadeloupe pour Noël, après avoir changé d’équipage.

Henri

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