Quatorze jours sans moteur : Exultet file comme un cheval au galop !

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Après le départ de Kêr Maï le 18 novembre, jour de l’anniversaire d’Aldric, Exultet hisse les voiles le jeudi suivant à partir de l’île Santo Antao, la dernière du Cap Vert.

Le Père Guillaume, lors de la messe de départ en transatlantique, nous a béni et incité à vivre cette traversée comme une retraite spirituelle. Nos journées sont donc toujours rythmées par quatre temps spirituels communs : les laudes vers 8h avec le quart sortant et entrant (les autres dormant), l’AQAP (Assemblée Quotidienne en Attente de Prêtre) où nous confions à la Vierge les intentions de prière recueillies en France et dans les escales précédentes, le chapelet en fin d’après-midi, et les complies avant de nous coucher. Nous sommes ensuite libres de vivre notre propre expérience spirituelle par la lecture de la bible, prières personnelles ou méditation.

Entre les moments communautaires, chacun organise son propre programme de la journée. Blandine, son tote-bag à la main, sort comme pour se promener, fait le tour du bateau et trouve enfin une petite place confortable sur le pont pour méditer. Henri prend un temps de louange ou va se faire tremper sur le siège avant au moment où le bateau tangue le plus. Tristan observe l’horizon de son regard perçant tout en surveillant les rapalas de la pêche. Aymeric s’est motivé pour lire des passages bibliques quand il n’invente pas des intentions de prière. Il a proposé de prier pour que le vent baisse, afin de pouvoir hisser le spi. Manon, toujours un outil à la main, répare toutes sortes de « trucs », sinon elle passe pour la première fois chez le coiffeur pour une jolie tresse africaine. Charles-Antoine, le préposé au tarot, pêche un grosse dorade coryphène dégustée avec gourmandise par l’équipage. Héloïse fête son diplôme d’ingénieur en recevant une jolie carte signée par tous et trouve souvent le temps de bien lire. Rémi, après avoir pétri le pain du petit déjeuner à 4h du matin, fait sa lessive en pendant son linge à un boute qu’il laisse filer derrière le bateau : machine à laver naturelle. Anne-Laurence nous apprend les constellations grâce à son disque spécial pour les étoiles. Elle surveille la cuisson du pain et prépare de bons fondants au chocolat à la poêle avec Marie-Charlotte. Cette dernière collectionne les poissons volants découverts sur le pont à l’aube et écaille et lève les filets des dorades pêchées. Bien sûr, la sieste quotidienne du Skippy est essentielle, souvent suivie par les équipiers, pour assurer une belle nuit de quart. Le matin du 1er décembre, il eut la surprise de se réveiller avec une guirlande de Noël au-dessus de sa tête et des boules dispersées un peu partout à l’intérieur comme à l’extérieur du bateau.

Le 1er décembre, décorations de Noël au réveil

Un jour, nous avons eu la joie d’admirer le spectacle de dauphins bondissant vers le voilier, arrivant dans la vague et faisant de hauts sauts deux par deux. Un autre matin, un oiseau marin de belle envergure, nous suit pour plonger tel un éclair sur les poissons qui fuient à l’approche du bateau. Nous le retrouvons au crépuscule, accompagné. Tout le long de la traversée, nous croisons toutes sortes d’oiseaux à des milles des côtes.

La nuit, les équipiers ne s’ennuient pas en quart. Une météorite explose en grand bruit, un poisson volant atterrit dans la cuisine en frôlant l’équipier à la barre, la plupart des constellations sont identifiées, de multiples sujets de conversation sont épuisés avec calme ou houle. Mais surtout, la concentration prime pour garder le cap, ne pas faire claquer la voile dans le vent et assurer un repos réparateur aux équipiers. C’est toute une technique dans laquelle nous avons tous bien progressé.

Qui dit que faire de la voile est une croisière ? C’est du sport ! Nous faisons des abdos, pompes, gainages réguliers pour se maintenir en forme. Wincher, virer de bord, changer d’amure, prendre un ris, voire deux, puis le larguer de jour comme de nuit, sous les grains ou le soleil. Le but : surfer sur les vagues et prendre de la vitesse…

Nous avons les oreilles remplies du doux bruit des vagues qui tapent contre la coque et qui s’en éloignent, du vent qui gonfle les voiles et fait taper les écoutes sur le pont. Nous ne sommes pas pressés et vivons avec le soleil. Nous changeons régulièrement d’heure pour se lever et se coucher au rythme de cet astre qui brunit nos peaux ou les rosit. Seule la fuite d’une de nos deux bonbonnes de gaz, à six jours du départ, nous a légèrement inquiété.

Après 14 jours et 2 heures de navigation, une vitesse de 7, 17 nœuds de moyenne, nous arrivons, enfin (ou pas), dans l’Archipel de la Guadeloupe, au bord de la Désirade et de Marie galante, le jeudi 6 décembre. La terre ne nous a pas manqué tant que cela, finalement.

Marie-Charlotte

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4 Commentaires

  1. colette Langlois

    grand merci pour les dernières nouvelles et félicitations, je vous admire et vous accompagne de mes prières que marie vous garde toujours même et surtout dans les difficultés rencontrées ! mais merci pour le belles surprises et rencontres inattendues
    Bien unies à tous depuis ma chambre Marrcoolaine co

  2. PACARY Yves

    Merci pour les commentaires et les photos cela fait très plaisir je suis très fier de vous tous et de ma petite fille Manon c’est une superbe épreuve dur et plaisante à la foi. je suis avec vous dans la priére que le seigneur vous garde YVES

  3. Marie-Hélène LEPY

    Merci pour ces nouvelles . Nous avons eu la chance de vivre une quinzaine de jours en 2012 au Cap vert entre Sao Vicente , Santo Antao avec de très belles marches et découvertes de lieux merveilleux et en même temps désolés et Sal .Et vous m’avez rappelé de très bons souvenirs .
    Voilà la grande traversée est faite et finalement vous semblez regretter de rejoindre la terre . Bravo pour votre optimisme et votre enthousiasme .
    Bonne préparation de ces derniers jours de l’Avent avant cette nuit du 24 décembre et la fête de Noël .Une bise particulière à Blandine , ma petite cousine .Marie-Hélène

  4. Marc La Fay

    Merci pour ce très beau récit et les quelques photos. Il est vraimen très plaisant de vous suivre avec ces aperçus de votre quotidien qui se répète et pourtant amène chaque jour son lot de surprises ou de découvertes.
    A quand une belle photo de dauphin qui danse autour de votre bateau? 😉
    Bonne continuation, profitez-bien de cette magnifique aventure et merci pour vos prières!
    Marc, Papa de Blandine.

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