Vendredi 31 août 2018 : le grand départ !

Vendredi 31 août : Jour J

Le 14 janvier 2018, les premiers équipiers du groupe JMJ 2019 – Cap sur Panama ! entouraient Jean-Yves et Thierry au Couvent de la Visitation à Paris. Après plusieurs mois de discussions et de recherches, les 2 skippers présentaient aux jeunes aventuriers le projet de pèlerinage transatlantique vers les JMJ de Panama. Nous étions à J-229.

Aujourd’hui, vendredi 31 août 2018, c’est le jour J. Certains étaient à bord des voiliers depuis quelques temps déjà, pour aider les skippers à finaliser les installations. Les derniers équipiers sont arrivés hier soir, le temps de terminer les préparatifs à terre : un pèlerinage de 5 mois, cela demande une grosse organisation ! Ce soir, nous quitterons le port de Camaret-sur-mer, où Kêr Maï et Exultet se sont retrouvés. Nous entamerons alors notre descente vers l’Espagne pour rejoindre Estran à Cadix, puis les alizés qui nous porteront vers le Panama.

Avant de découvrir les voiliers qui trônent dans ce petit port du Finistère, le visiteur se laisse conter l’histoire des lieux. Accueilli par la mer, il aperçoit bientôt la belle chapelle Notre-Dame de Rocamadour, qui trône en princesse des lieux. Sereine bretonne au bout de la terre, elle rassure le pèlerin qui longe les épaves pour rejoindre sa porte.

 

Envoyés en pèlerinage par Mgr Dognin

Nous avons eu l’honneur d’être reçus en cette chapelle par Monseigneur Dognin, évêque de Quimper et Léon, venu spécialement ce vendredi bénir notre groupe et nous envoyer en pèlerinage qui, selon lui, est une “belle manière de manifester à tous l’espérance et la joie de croire qui vous habite au cœur d’une traversée qui peut être parfois houleuse”. A la fin de la messe, Mgr Dognin nous a remis la statue de Sainte Marie La Antigua, offerte par Mgr Ulloa. L’archevêque du Panama a été touché par notre démarche et a souhaité qu’elle nous accompagne pour, 500 ans après, traverser une nouvelle fois l’Atlantique. Nous l’avons portée en procession jusqu’à Exultet, sa première demeure. Tout au long de notre pèlerinage, elle éclairera notre route, avec la Présence Réelle que Kêr Maï a la chance d’accueillir à son bord.

 

L’esprit et les corps rassasiés, les pontons se sont de nouveau affolés. La presse voulait médiatiser notre aventure ! Portraits, photos de groupes, “souriez ! … Mais pas trop !” Des tréfonds d’Exultet, un homme remonte, enfin vainqueur du désalinisateur sur lequel il travaillait depuis la veille. “Placez-vous à l’arrière du bateau, certains assis, les autres debout, pour une pose dynamique.” L’on remplit les réservoirs d’eau fraîche. L’on filme des scénarios pour les reportages du soir. “Pourquoi pars-tu ?” L’on range l’intendance. “Partez-vous bien ce soir ?” Pour plus de sérénité et parce que la météo le permet, Exultet choisira la marée suivante et partira le samedi matin. Kêr Maï, plus lent sous voile, étudie les fichiers météo. “Bonsoir, je suis journaliste ; à quel ponton puis-je vous retrouver ?”

Quelques ricochets sur la plage, pour un moment volé avec sa famille. “Kêr Maï part dans 15 minutes !” Un dernier au revoir, nous larguons les amarres au son du clairon, salués par les équipiers d’Exultet, nos familles et les derniers journalistes. Le ponton s’éloigne, puis disparaît, et avec lui les derniers au revoir. Les quarts de nuit commencent. C’est aussi simple et rapide, sous le vent.

E Ultreïa !

 

 

De nombreux journalistes sont venu assister à notre départ. Voici les articles articles et reportages qui relatent cette journée :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/camaret-29-transatlantique-rejoindre-jmj-au-panama-1533678.html

https://eglise.catholique.fr/actualites/dossiers/jmj-panama/actualite-jmj/459787-17-jeunes-mettent-cap-panama/

http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/cap-sur-panama-des-jeunes-traversent-l-atlantique-pour-se-rendre-aux-jmj-01-09-2018-92544_16.php

https://www.lejourduseigneur.com/jmj-2019-17-jeunes-rejoignent-panama-en-voilier/

http://www.ktotv.com/video/00212747/cap-sur-les-jmj-de-panama-le-defi-transatlantique-de-17-jeunes-francais

 

Voici aussi l’homélie que Monseigneur Dognin a donnée lors de notre messe d’envoi :

31 août 2018 – Cap sur Panama ! Messe de départ à Notre-Dame de Rocamadour – Camaret-sur-Mer

1 Co, 1, 17-25 ; Ps 32 (33) ; Mt 25, 1-13

Chers Amis,

Nous recevons ces textes de la Parole de Dieu au moment où vous vous apprêtez à embarquer pour cette longue traversée vers les JMJ de Panama. Aventure humaine, spirituelle et missionnaire comme vous l’avez précisé sur votre site. Laissons-nous toucher par ce que nous dit le Seigneur.

Dans l’Évangile, le contexte est clair. Il s’agit de l’attente du retour du Christ au jugement dernier. Une attente qui est un aspect essentiel de notre foi. Une espérance qui habite notre cœur mais qui se vit dans la nuit de l’existence humaine, marquée par les épreuves, par le mal et notre finitude. Et du coup, marquée aussi par le doute, la nuit de la foi. Pourtant, il y a ces lampes qui éclairent… nous pouvons y reconnaître la lumière de la foi, la lumière de la vérité, la lumière du Christ. Cette lumière est portée par des jeunes filles qui ont reçu cette mission de témoigner que le Christ est déjà là et d’annoncer aussi son retour dans la gloire. Mais tout n’est pas si lumineux : « les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. » La foi et l’espérance doivent toujours s’alimenter à la source !

En partant vers Panama, vous emportez avec vous la statue de Santa Maria la Antigua, Patronne de Panama, qui porte dans ses bras, le Christ Jésus, Lumière du monde. Elle vous accompagne et vous encourage, vous aussi, à porter cette Lumière du Christ tout au long de votre voyage. Et comme les jeunes filles de l’Évangile, vous devez être prévoyants. Vous l’êtes, j’en suis sûr pour tout ce qui concerne la navigation et la vie en mer. Vous devez l’être aussi pour la Lumière que vous êtes chargés de porter. Prendre les moyens d’alimenter et de développer la ferveur de votre foi.

Cette huile pour les lampes, c’est déjà la Parole de Dieu dont vous allez vous nourrir dans cette aventure, et la vie de prière. Ce sera aussi l’Eucharistie qui non seulement vous nourrit mais vous transforme comme le dit Saint-Augustin : « Tu ne la changeras pas en toi, comme la nourriture de ton corps, c’est toi qui sera changé en moi. » dit le Seigneur.

Le thème des JMJ qui va guider votre pèlerinage, est la parole de Marie aux Noces de Cana lorsqu’elle s’adresse aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira. » C’est une invitation à la confiance totale dans le Christ et à notre disponibilité pour mettre en œuvre sa Parole dans nos vies.

J’aimerais relever trois aspects de cette disponibilité à laquelle Marie nous invite :

Le premier, c’est que la mer n’est pas seulement un espace à traverser. Elle est un lieu de purification. L’immensité de la mer, le secret de ses profondeurs, la profusion de vie qu’elle porte et nourrit, ses dangers. Tout cela nous invite à l’humilité. Il y a aussi son impétuosité parfois, qui nous rappelle notre petitesse. Comme le dit le Psalmiste : « Le Seigneur parle, et provoque la tempête, un vent qui soulève les vagues : portés jusqu’au ciel, retombant aux abîmes, ils étaient malades à rendre l’âme ; ils tournoyaient, titubaient comme des ivrognes : leur sagesse était engloutie. » (Ps 106, 25-27) Je ne vous souhaite pas d’avoir de la tempête, mais il est vrai que même lorsque la mer est bien formée, comme on dit, l’orgueil humain en prend un coup face à la mer et c’est pour cela que je parle de purification. En tous les cas, la disponibilité qui vous est demandée pour accueillir la Lumière du Seigneur, elle passe aussi par cette expérience humaine d’être affronté à la grandeur de la mer, mais aussi à sa beauté. Une beauté de la création qui ouvre notre cœur à la contemplation, à la rencontre avec le Seigneur.

Un deuxième aspect de votre aventure, c’est la dimension de pèlerinage. Vous allez rejoindre Fatima, Saint Jacques de Compostelle, Séville, le Maroc… Autant d’étapes pour aller aux sources de la foi. Des étapes sur des lieux où la grâce de Dieu s’est manifestée à un moment donné de l’histoire de l’humanité par le témoignage de saints ou par des apparitions de la Vierge Marie. Et la grâce de Dieu continue de se manifester par la foi des pèlerins justement.

Faire pèlerinage, c’est se rendre disponible à cette grâce de Dieu, se laisser toucher, se laisser convertir. On ne peut pas rester indemne lorsqu’on fait pèlerinage avec un cœur ouvert et disponible. L’ouverture du cœur que nous manifestons vis-à-vis de Dieu, elle est inséparable de celle que nous devons manifester vis-à-vis des autres. C’est pourquoi ce pèlerinage est en même temps une aventure humaine. Déjà sur le bateau avec vos compagnons de traversée. Ce n’est pas si simple de vivre longtemps ensemble dans un espace réduit. Les caractères s’affrontent souvent. Mais c’est aussi le lieu de la rencontre en vérité avec les autres et cela enrichit beaucoup. Cette disponibilité, dans l’humilité, elle est aussi à vivre évidemment avec les populations que vous allez rencontrer. On se laisse convertir par les autres.

Un troisième aspect de cette disponibilité à ce que nous demande Jésus, c’est de témoigner de la Bonne Nouvelle. C’est l’aspect missionnaire de votre aventure. Il faut de l’audace pour partir ainsi, même si vous ne partez pas sans prendre les précautions qui s’imposent pour une telle traversée ! Mais votre audace est un témoignage pour nous. Si vous le faites en consacrant plusieurs mois pour cela, c’est que c’est vraiment important pour vous. Vous mettez en lumière le fait que ces Journées Mondiales de la Jeunesse ont vraiment du sens dans un monde qui est trop souvent marqué par la désespérance.

Cette audace, c’est celle que nous devons avoir aujourd’hui pour annoncer l’Évangile car nous le faisons contre vents et marées. Il faut être un peu fou pour annoncer l’Évangile. Comme le dit Saint-Paul dans la Première lecture : « Puisque, en effet, par une disposition de la sagesse de Dieu, le monde avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile. »

Nous partageons pleinement la vie de nos compatriotes, nous ne sommes pas en dehors du monde, mais le message que nous annonçons va souvent à contre-courant de l’opinion générale. Un contre-courant qui n’est pas rabat-joie ou liberticide. Il est salutaire au contraire. C’est le choix de la Vie (avec un grand V) et du vrai bonheur que seul Dieu peut nous donner. Il nous comble de joie spirituelle. La joie qui vient de cette Lumière divine qui brille dans notre obscurité.

Cependant, nous ne pouvons pas éviter le passage par la Croix. L’Église, Corps du Christ, continue de souffrir comme le Christ a souffert. Elle souffre par les persécutions qui n’ont jamais cessé. Elle souffre aussi par le péché de ses membres, par nous aussi donc, mais aussi comme nous le voyons en ce moment dans la Presse, quand les attitudes scandaleuses de certains rejaillissent sur l’ensemble de l’Église. C’est la vie que nous sommes chargés d’apporter au monde, pas la souffrance et la mort. Cela nous appelle sans cesse à la conversion pour que notre témoignage ne devienne jamais un contre-témoignage.

Tout cela ne doit pas nous décourager. Plus que jamais, continuons de grandir en sainteté comme le pape nous y invite dans sa dernière exhortation Gaudete et Exsultate (Dans la joie et l’allégresse.) Ce pèlerinage par la mer que vous allez entreprendre est une belle manière de manifester à tous l’espérance et la joie de croire qui vous habite au cœur d’une traversée qui peut être parfois houleuse. AMEN

+ Laurent DOGNIN

Évêque de Quimper et Léon”

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